L'évolution de l'expression littéraire et artistique

 

De la richesse, diversité des mouvements littéraires et artistiques algériens.

Il s'agit d'un vaste « océan culturel », tour à tour, tumultueux ou calme, fidèle ou révolté, silencieux puis déchaîné. Alors qu'on la croit extenuée et agonisante, la culture renaît de ses cendres, actuellement.

Dès l'indépendance, une nouvelle élite culturelle a émergé dans de nombreux domaines, l'Algérie s'affirme comme un foyer dynamique de la création, son cinéma, sa littérature, ses musiques pour s'en tenir à ces domaines principaux, connaissent une diffusion nationale et parfois internationale. Certaines oeuvres ont un certain retentissement : Lakdhar-Hamina reçoit la palme d'or à Cannes pour la « Chronique des années de braise », Assia Djebbar et Mohamed Dib prennent place parmi les auteurs nobélisables.

La dernière décennie a été marquée par l'instauration du pluralisme politique, la libération de l'expression, la liberté d'association, ce qui permettra en foisonnement culturel sans précédent malgré la violence terroriste d'un extrémisme religieux dont les premières cibles ont été les intellectuels, le artistes et les journalistes qui ont le courage de s'opposer à un projet de société archaïque rétrograde et qui menaçait les fondements de l'Etat république. En 1993 Youcef Sebti et Tahar Djaout sont victimes d'attentats terroristes qui frapperont l'opinion publique.

Aujourd'hui, après ces années de souffrance, l'expression culturelle connaît une vitalité remarquable. Elle s'étend des formes les plus hermétiques aux écritures les plus libres, de la poésie au roman de la langue de Mutanabbi à celle de Voltaire, du dialectal au berbère. Même le style policier algérien fait fureur dans la période sombre du pays, avec Yasmina Khadra, par exemple, qui s'illustrera plus tard par des œuvres d'une très haute facture littéraire telles que « l'écrivain » et « l'imposture des mots ».

La poésie, expression littéraire arabe par excellence, ne cesse d'être le miroir de l'âme algérienne : d'abord « Silah » nationaliste avant et après la seconde guerre mondiale, elle galvanisera le mouvement nationaliste pour céder la place une relève littéraire moderne dans la lignée de la mondialisation que connaît la culture.

Rétrospective : du Réformisme au modernisme

Il faut attendre les années 30 pour voir l'association des Oulémas sous la direction du cheikh Abdelhamid puis El Bachir El Ibrahimi, lancer les revus « Echilal » et « El Bassair » qui joueront à travers leurs écrits un rôle essentiel dans le combat pour la sauvegarde de la culture et de l'identité nationales. Ces revues serviront également d'espaces d'expression à des poètes, tels que Mohamed Laid El khelifah, Tayeb El Okbi, Ahmed Ghoualmi et Mohamed Salah Ramdane.

Quant à Rédha Houhou, il passe pour être le premier auteur à s'être illustré en s'imposant à la littérature algérienne de langue arabe une autre forme d'expression que celle de la poésie, de la nouvelle ou de la chronique.

Après la seconde guerre mondiale, la création littéraire algérienne adopte un rythme beaucoup plus vif. Ainsi, on remarque des écrits plus imagées tels « Types humaines », « en compagnie de l'âne du Hakim », de Rédha Houhou, « le Cri du Coeur » de L'Ahbib Bennassi, ou les produits poétiques de Rabi Bouchama et de Rédha El Aggoun.

La poésie climatique est symbolisée par Moufdi Zakaria, qui est le porte-flambeau de la Révolution. Néanmoins, trois poètes, Abdelkacem Saadallah Cheriet et Aboulkacem Khemmer, donneront à la poésie libre un souffle libérateur.

Les oeuvres, marquées par un effort d'imagination, traduisent la substance évanescente des choses dans des impressions fournies par la Révolution.

Il faut attendre 1959 pour lire les premières nouvelles de Abdellah Rekibi, Othmane Saadi El Abdelhamid Benhadouga, suivis plus tard vers 1960 par celle de Tahar Ouetter, Z'hor Oumissi et Aboulaid Doudou.

Parmi ces nouvellistes, trois d'entre eux, Ouetter, Oumissi et Benhadouga, continueront à publier dans les années 60, suivis de Merzak Bagtache. Ce jeune nouvelliste donnera à l'art de la nouvelle algérienne en langue arabe un souffle nouveau. Le roman ne verra sa vraie mue qu'en 1971, quand Abdelhamid Benhadouga publia son célèbre « Vent du Sud » roman, d'une forme moderne, qui appréhende les réalités contemporaines des la société algérienne de l'époque.

En 1974, Tahar Ouettar publie « L'As », un roman bouleversant qui lève sur une partie des déchirures qui ont émaillé la guerre de libération.

L'année 1975 verra l'éclosion de Merzak Bagtache. Il publie, « les oiseaux du Zénith », une œuvre proche du nouveau roman français par ses descriptions optiques et monologues. Les années 70 consacreront d'autres nouvellistes, comme Amer Belahcene (1953- 1994), Laid Benarous, Djilabi, Khellas, Chérif Ladra, Abdelhamid Abdous, Ahmed Mennour, Abdelhid Bourayou, Mohamed Mellah, Mostefa Fad, Laadrej Waciny, Abdellaziz Bouchefirat et M. S. Harzallah. En poésie, il faut attendre le milieu de la décennie 70 pour voir s'affirmer les Abdellali Rezzagui, Ahmed Hamdi, Slimane Djouadi, Mohamed Zettili, Azradj Omar, Zeineb, Laaredj, Rabia Djelti et Mohamed Hassan, Akila notamment.

A l'ouverture de l'édition, à l'initiative privée au début des années 80, quelques nouvellistes se sont essayés au roman, tels Laaredj Waciny, Laaredj Zeineb, Wali Khellers, Mohamed, Ali Ar'ar, Mohamed Mefta, et autres Ismail Ghamoukat et Habob Sayah. Leurs romans apportent un souffle nouveau à la littérature algérienne de langue arabe.

La poésie aussi s'est enrichie avec d'autres noms, tels Lakhdar Feilous, Amar Merieche, Othmane Loucif, Aboubakr Zemmal et Naara M'Hammedi. Quant a la nouvelle, elle n'est pas restée à la traîne, elle a enfanté, au début des années 90, les Bachir Mefti, Yasmina Salah, Hamama El-Amari, Allal Sengouga. Hamid Abdelkader et Didani Arezki. Aujourd'hui, avec un certain cumul d'oeuvres de bonne qualité, la littérature algérienne de la langue arabe n'a rien a envier a celle du Machrek, voire à la littérature universelle dont elle puise les formes et les technologies modernes.

A telle enseigne qu'une algérienne Ahlam Mostghanemi va des les années 90 révolutionner la littérature arabe moderne en publiant des romans d un réalisme tel qu'il brise tous les tabous entretenus dans le monde arabe. Ses ouvrages notamment mé moire de la chair Dhakinet El Djssad prix Naguib Mahfouz traduit en franç ais Albin Michel témoignent de la vitalité de la jeune litté rature algé rienne d'expression arabe.

Le renouveau du théâtre algérien se manifeste, au delà de certains tabous traditionnels. De nombreuses pièces de théâtre sont jouées par les mêmes auteurs en arabe classique, dialectal ou en français (Théâtre de Slimane Benaissa, Cherif Ayad, Sonia ou Boudjdra).

La production de la littérature algérienne d'expression française est d'une exceptionnelle richesse. Fait remarquable, elle est aujourd'hui le produit d'une génération de romanciers, essayistes, historiens, ethnologues, sociologues, tous à quelques exceptions près, purs produits de l'Ecole algérienne post-indépendance si injustement décriée. La profession d'œuvres est telle qu'il est difficile de citer tous les auteurs.

Certains d'entre eux ont enregistré des succès spectaculaires tels Rachid Mimouni, Taher Djaout, Yasmina Khadra, Boualem Sensal, Salim Bachi, Anwar Benmalek, Rabah Belamri, MalekChebel, Ahmed Rouaidja, Azzedine Bounemeur, Leila Sebar et tant d'autres.

Cette vague s'inscrit dans la lignée des ainés tels que Mohamed Dib, Mouloud Ferraoun, Kateb Yacine, Mourad Bourboune, Mouloud Maameri, Mohamed Harbi, , Mostefa Lacheraf, Mohamed Arkoun, Djamed Eddine BenCheikh…

 
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